Parents : établir la lisibilité de l’école et la confiance
15 octobre 2005

Enseignants et parents se rejoignent aujourd’hui sur la nécessité d’un réel partenariat dans l’intérêt de l’enfant et de l’école.

« Les parents attendent énormément de nous et il est normal, de se sentir un peu perdu et de se demander comment faire ? ». Catherine Davrinches, directrice d’école dans le Pas de Calais exprime avec une relative sérenité ce que d’autres ressentent plus difficilement. Questionnés récemment par la Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) au Ministère de l’E.N sur les raisons de leur « malaise », les enseignants placent au deuxième rang « la dégradation de leur image dans la société » et au quatrième les « exigences et attentes sociales trop fortes des parents ».

Pourtant plusieurs enquêtes récentes convergent (le Monde de l’Education 09/05) attestant que la société perçoit mieux les enseignants qu’ils ne le pensent. On pourrait évoquer sans fin les reproches que les uns et les autres s’adressent enquêtes à l’appui, toujours. Pour les parents, les enseignants ne dialoguent pas suffisamment ou n’ont pas assez d’autorité sur leurs élèves ou les infantilisent...

Les enseignants ne sont pas moins critiques. Patrick Rayou, sociologue et spécialiste des Sciences de l’Education observe deux reproches contradictoires : « d’une part d’avoir démissionné face à l’école et d’autre part de trop vouloir se mêler de ce qui se passe dans les murs de l’établissement ».

Des reproches « qui n’en finissent pas de revenir depuis que la loi d’orientation de 1989 a officiellement rendu les parents membres de la communauté éducative ». Une vision que Patrick Rayou tempère au regard de l’étude menée en collaboration avec Agnès Van Zanten, sociologue au CNRS. Ces derniers « se sentent plus interpellés sur leurs gestes et leur pratique que sur leur personne, et considèrent plus volontiers les parents comme des partenaires ». De fait les uns et les autres dans leur majorité convergent aujourd’hui sur la nécessité d’un réel partenariat dans le souci de l’enfant.

Nathalie Sauvage, enseignante dans le Pas de Calais insiste sur la nécessité « d’associer à tout prix la famille au développement de l’enfant » et sur le « grand besoin en formation pour communiquer et bien expliquer notre rôle, notre façon de fonctionner dans la classe ». Daniel Thin, sociologue, professeur à l’Université Lyon lumière 2 rappelait dans nos colonnes qu’il « y aurait une illusion à croire que des meilleures relations entre les parents et les enseignants seraient la clé de la réussite scolaire ». Pour autant « une rupture complète entre parents et enseignants ne peut qu’amplifier le malaise des enfants » de milieux populaires. « Le but de la communication à établir n’est donc pas l’éducation des parents mais la lisibilité de l’école, la connaissance de chacun et l’établissement d’un climat de confiance. »

(voir article).