Entretien avec Nathalie Pinsard
16 juin 2006

- Quelle place occupe l’EEDD dans la formation ?

  • En formation initiale, du fait d’un volume horaire insuffisant et ce malgré la circulaire de 2004, nous n’avons pas les moyens d’aborder l’EEDD dans toutes ses dimensions. Alors, on trouve des astuces. En Bourgogne, l’EEDD est intégrée comme fil conducteur à la dominante « culture scientifique » . On a réussi à construire également des ateliers pédagogiques avec des PE2 qui accompagnent des classes transplantées. Même constat pour la formation continue. Les priorités ministérielles basées sur la maîtrise de la langue relèguent l’EEDD à une place réduite.

- Quelles approches peut-on alors privilégier avec des enseignants ?

  • L’EEDD privilégie l’approche systémique. Face à un problème à résoudre d’ordre environnemental, quel serait la réponse du géographe, du scientifique, de l’économiste, du citoyen ? Chaque discipline apporte un éclairage spécifique qui mis bout à bout permet de comprendre les interdépendances et la complexité. L’approche émotionnelle et ludique est également intéressante. Pour cela, il est utile de faire vivre aux enseignants des expériences concrètes dans le milieu naturel et d’aller à la rencontre du « vivant » . On prend ensuite du temps pour « décortiquer », revenir sur les impressions et ressentis puis trier ce que l’on garde pour faire avec des élèves. Avec l’objectif que les enseignants transfèrent aux élèves ce principe de découverte du vivant par le plaisir et les émotions.

- Quels types d’outils peut-on construire dans une formation sur l’EEDD ?

  • Des outils d’investigation, d’observation du milieu qui entoure les élèves. Et ce afin de concevoir des projets qui aboutissent à mettre les élèves en action, pour les responsabiliser, leur apprendre à faire des choix en intégrant la dimension de développement durable. Cela pose alors le problème de l’accompagnement. Dans l’idéal, il faudrait pouvoir être disponible pour suivre les enseignants qui après un stage s’engagent avec leurs élèves sur un projet. Ces collègues ont besoin à certains moments de savoir comment exploiter tel ou tel aspect non abordé en formation, comment développer le partenariat ou trouver une orientation finale pour la fin du projet... ce qui nécessite du temps pour les rencontres et les aides. Ce qui nécessiterait des personnes ressources pour assurer le suivi pédagogique et promouvoir concrètement l’EEDD.