Enseignants à l’étranger
Enseignants à l’étranger en zones à risques
17 janvier 2011

Les enseignants français actuellement en poste dans des pays « instables » vivent des moments difficiles. Le SNUipp soutient leurs demandes d’informations rapides et demande aux autorités françaises et l’AEFE de prendre toutes les dispositions pour garantir leur sécurité.

Le SNUipp et son secteur Hors de France apportent leur soutien aux collègues en poste dans toutes les zones à risques et qui éprouvent des difficultés à exercer leur métier et à vivre au quotidien dans des pays qui connaissent actuellement une forte insécurité, voire des menaces de guerre civile. Le SNUipp demande expressément aux postes diplomatiques et à l’AEFE de répondre à l’attente des enseignants, de les informer très régulièrement et de prendre en compte toutes les situations individuelles qui nécessiteraient un traitement particulier. Le secteur Hors de France du SNUipp (hdf@snuipp.fr) reste à la disposition de tous les enseignants pour les aider à faire valoir leurs intérêts auprès de l’administration ou pour faciliter leurs démarches auprès de leur inspection académique de rattachement si leur réintégration s’avérait nécessaire.

Situation en Tunisie :

La FSU salue le courage et la détermination du peuple tunisien qui a mené la révolution « du jasmin » victorieuse.

DERNIERE MINUTE

Depuis quelques jours, la situation en Tunisie s’est nettement dégradée. Les trois jours qui ont suivi le départ de Ben Ali ont été marqués par de violents affrontements entre la population, soutenue par l’armée, et les milices du président déchu. Si la situation semble s’apaiser dans la capitale, l’issue de la crise reste incertaine et un couvre feu est toujours en vigueur.

Concernant les établissements français, l’AEFE, après interrogation du poste diplomatique, communique : « Il a été décidé en accord avec les syndicats de personnels et les représentants de parents d’élèves que les établissements français seraient fermés jusqu’à nouvel ordre. Ils seront réouverts par consensus quand les conditions seront réunies. Les personnels et les élèves sont invités à se tenir prêts à reprendre, le moment venu, leurs activités.  ». Une décision de fermeture bien tardive qui fait suite aux inquiétudes grandissantes exprimées par la communauté éducative et relayée auprès de l’AEFE par les syndicats de la FSU. Les personnels en poste ont dénoncé le manque de communication du poste diplomatique. Ceux-ci demandent également l’intervention d’une cellule psychologique afin d’accompagner, lors de la réouverture des écoles, les élèves et les enseignants éventuellement victimes de pillages ou d’agressions.

Près de 6000 élèves sont scolarisés dans les 7 établissements du réseau de l’AEFE en Tunisie (à Tunis, La Marsa, La Soukra, Bizert, Mégrine, Nabeul et Sousse). 620 personnes y travaillent. Le HDF ne manquera pas d’informer les collègues au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Situation au Niger et dans la zone de l’Afrique subsaharienne :

Le lycée français de Niamey a fermé ses portes jusqu’au 12 janvier à la suite de l’enlèvement et de la mort de deux ressortissants français ; les cours ont donc repris dans une atmosphère très dégradée. De nombreux enseignants s’interrogent sur les conditions de vie et de travail dans le pays d’ici la fin de l’année scolaire. Certains d’entre eux ont déjà manifesté leur souhait de quitter le Niger. Lors de sa visite à Niamey, Alain Juppé, nouveau ministre de la Défense, s’est contenté d’une déclaration mi chèvre mi chou : « Aucun touriste ou visiteur ne doit venir au Niger, c’est une zone très dangereuse... mais nous ne vous demandons pas de partir ». De même, les propos du Conseiller de coopération devant les enseignants, soucieux de leur devenir, ont été jugés peu convaincants. Le SNUipp a demandé à l’AEFE de prendre en compte toutes les situations et de communiquer régulièrement avec les collègues. L’agence affirme qu’elle tiendra compte du contexte local exceptionnel et qu’elle étudiera toutes les demandes particulières (fins anticipées de contrats, changements de postes…). Elle annonce l’envoi d’une cellule psychologique à Niamey et des mesures renforcées de sécurisation de l’établissement sous la responsabilité du proviseur. D’autre part, les enseignants en poste au Niger viennent enfin de recevoir la réponse de la directrice de l’AEFE qui fait suite à leurs demandes répétées de revalorisation salariales (ISVL). Malgré une demande bien légitime, confortée par la situation actuelle, la direction de l’AEFE oppose toujours une fin de non recevoir ! Ne prenant pas en compte la situation économique et politique du pays, l’Agence fait preuve une nouvelle fois d’un grand cynisme.

Situation en Côte d’Ivoire :

L’agence évalue positivement la situation locale et confirme la réouverture du lycée Blaise Pascal et du groupe scolaire Jacques Prévert à partir de ce 17 janvier, qui peut être remise en cause si de nouveaux éléments interviennent. Malgré les menaces d’une intervention militaire de la CEDAO à risque pour les populations, en raison du bras de fer pour le fauteuil présidentiel, les tentatives de résolution pacifique de la crise restent pour l’instant privilégiées. Cependant, l’insécurité continue de régner dans certains quartiers sensibles du nord d’Abidjan dans lesquels le couvre feu a été décrété. Les déplacements inutiles sont déconseillés. Là encore, les enseignants en difficulté sont invités à contacter rapidement le SNUipp Hors de France.