OCDE
Des clefs pour surmonter les inégalités sociales à l’école
16 juin 2011

Selon une étude de l’OCDE basée sur PISA 2009 et 2006, dans les pays où les élèves des milieux défavorisés bénéficient de plus d’heures de cours que les autres et où le système travaille sur l’estime de soi, la reproduction des inégalités sociales à l’école est moindre qu’ailleurs.

Les élèves issus des milieux socio-économiques défavorisés ne sont pas nécessairement « condamnés à reproduire le cycle faibles résultats scolaires-emplois précaires-pauvreté ». C’est ce qu’avance l’OCDE dans son édition du mois de juin de Focus sur Pisa, une brochure mensuelle qui analyse des points précis à partir des évaluations PISA. En l’occurrence, les rédacteurs de la revue se sont intéressés à ce qu’ils appellent les élèves « résilients ». Au niveau de l’OCDE, 31% des élèves issus des milieux défavorisés parviennent à obtenir de très bons résultats scolaires et à se classer parmi les élèves les plus performants, tous milieux sociaux confondus. Mais ce taux est très variables d’un pays à l’autre.

La France tout juste dans la moyenne

Ainsi, se basant sur les résultats de PISA 2009, l’OCDE affirme que « la majorité des élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés scolarisés en Corée du Sud (+ de 65%), dans les villes partenaires de Hong Kong (+ de 70%), Macao (60%) et Shanghai (+ de 70%) sont considérés comme résilients ». Au Canada, en Finlande, au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Pologne, au Portugal, en Espagne, au Liechtenstein ou encore à Singapour et à Taipei, on constate des scores compris entre 35% et 45%. La France, elle, se classe exactement dans la moyenne des pays participant à l’enquête PISA avec 31%.

Les heures sup et l’estime de soi

L’OCDE qui cette fois s’est appuyée sur PISA 2006 consacrée principalement à la culture scientifique a cherché à comprendre « quels sont les facteurs qui aident les élèves à surmonter leur milieu social et à obtenir de bons résultats en classe ». Deux conditions sont nécessaires selon les experts. Il convient d’une part que les élèves concernés bénéficient de plus d’heures de cours que les autres et, d’autre part, que le système éducatif travaille sur l‘estime de soi. « Les élèves résilients passent en moyenne plus de temps à étudier les sciences que les autres élèves obtenant de faibles résultats : entre une et deux heures supplémentaires » affirme l’étude. Quant à l’estime de soi, elle se manifeste chez les élèves résilients par une confiance en leur capacité d’apprentissage et de réussite beaucoup plus élevée que chez ceux qui n’obtiennent pas de bons résultats aux évaluations. Par exemple, 75 % des élèves résilients pensent qu’ils peuvent donner de bonnes réponses lors des tests de sciences, contre 50 % chez les moins bons élèves issus des milieux défavorisés.

Télécharger :

PDF - 1.2 Mo
Focus PISA juin 2011