Charles III bichonne les parents
15 octobre 2005

Le travail de relation que vous avez mené avec les parents d’élèves est finalement surtout profitable aux élèves le plus en difficulté ?

« Oui, répond Jacqueline Fontaine, directrice jusqu’à l’année dernière de l’école Charles III en ZEP à Nancy. Parce qu’au bout du compte ce sont les parents qui ne travaillent pas qui prennent du temps pour rester à l’école ». Un « oui » sans hésitation qui pourrait servir de conclusion à son expérience.

Une expérience de plusieurs années dont elle témoigne avec conviction. Jacqueline a instauré un dispositif d’accueil des parents à l’école pour la classe des tout petits. Inscrit dans le projet d’école, l’objectif est de favoriser une « entrée à l’école sans douleur pour les enfants, de façon confiante ». « Le processus d’intégration est d’ailleurs possible à tout moment de l’année » jusqu’aux vacances de printemps. « Les parents sont invités à rester avec les enfants aussi longtemps que nécessaire pour les uns comme pour les autres ». Ce qui peut au début se traduire par la demi-journée entière. Le but est d’éviter les pleurs qui durent, le stress, les angoisses qui se communiquent et qui sont vécus comme « traumatismes ». Pour les parents qui aident au passage aux toilettes, et à l’habillage on demande une « vraie présence » pour leur enfant comme pour les autres. Jacqueline proposait même à certains de gérer un atelier. Un calendrier négocié permet de situer le meilleur moment pour l’entrée à l’école, tout en évitant la présence simultanée de trop de parents.

Bilan : « ils entrent dans l’école sans problème, ils discutent avec les maîtresses, cela devient une habitude durant toute le scolarité en maternelle. Il se crée aussi des liens entre parents ». Çela permet surtout d’établir la « confiance » : « l’école n’est pas un monde étranger et imperméable ! ». Ce qui est essentiel pour les parents qui ne fréquentent pas à priori l’école et pour la réussite de leurs enfants.