Portrait
Cathy Bollon-Calvez, Rééducatrice et écrivain
17 mars 2011

« Je voulais dire ma colère face aux fermetures de postes des RASED » Rééducatrice et écrivain, elle témoigne de son métier dans son dernier livre.

Cathy Bollon-Calvez est rééducatrice dans le Var mais elle est aussi auteure de livres. Elle écrit comme d’autres font de la musique. « C’est mon mode d’expression favori », explique-telle. Elle a publié des nouvelles et des romans. « Le roman demande une constance qui est difficile à tenir quand on est aussi enseignante, alors que les nouvelles sont plus facile à reprendre même si elles demandent beaucoup d’efforts » ajoute-t-elle. Elle « gratte » le soir, le mercredi, les weekends, pendant les vacances...

Pour son dernier livre en date Une chance de moins, elle a abandonné la fiction qu’elle affectionne pour la réalité de son métier qui risque de disparaître et qu’elle défend. « Je voulais dire mon incompréhension, et ma colère face aux fermetures de postes des RASED qui se font sans autre forme de procès », résume l’enseignante qui poursuit « ce livre n’a pas vertu à régler des comptes mais à dire l’intérêt des rééducateurs. Nous nous situons dans un espace étroit, difficilement repérable par les parents mais essentiel ». Ce métier, Cathy le connaît bien, elle qui a fait la formation de rééducateur il y a une trentaine d’années.

« A chaque nouvel enfant pris en charge, je taille sur mesure, je suis à sa disposition, à l’écoute de ce qu’il dit, de ce qu’il exprime de cette charge qui fait obstacle à ses apprentissages » raconte-t-elle. Pour donner à comprendre ce qui se joue dans ces moments là, l’auteure a choisi de décrire treize histoires d’élèves qui, avec elle, ont « parcouru un bout de chemin, celui pas si aisé, qui permet de devenir élève » écrit-elle en préambule. Ainsi, Inès fille ainée d’une fratrie de 6 qui fait le ménage à la maison, Thibaut enfant en colère qui ne voit plus sa maman, Angélique prise dans son labyrinthe de bobos. « Tout ce travail n’a pas servi à rien » affirme Cathy qui prendra sa retraite à la rentrée 2012. En attendant elle garde l’espoir que la mort annoncée des rééducateurs peut encore être contrée pour donner aux enfants une chance en plus.